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Se chauffer au nucléaire : une solution à creuser

Chauffage nucléaire

Nous pouvons dores et déjà imaginer vos visages interloqués à la lecture de ce titre. Autant vous rassurer tout de suite : il ne s’agit pas d’implanter de mini centrales domestiques brûlant du plutonium dans votre chaufferie.

Ni de relier chaque foyer à de dangereux pipelines radioactifs, transformant chaque centrale en pieuvre potentiellement mortelle. Loin de tout scénario futuriste de science fiction, le projet de se chauffer grâce aux centrales nucléaires est à la fois concret et réalisable. Et comme à chaque fois qu’il est question de nucléaire, les oppositions fleurissent. Regardons ensemble le fonctionnement d’un tel système ainsi que ses différentes limites.

Réparer un gâchis d’énergie évident

Avant de commencer à parler du fonctionnement de ce système de chauffage nucléaire, nous tenons à vous rappeler comment une centrale nucléaire produit l’électricité que nous consommons. En effet, la production d’énergie n’est pas assurée directement par la fusion des atomes. C’est cette dernière qui va chauffer tout un circuit d’eau. C’est ensuite grâce à la vapeur d’eau (issue d’un circuit de refroidissement) que des turbines sont activées pour produire l’énergie.

C’est cette vapeur d’eau chargée de calories que certains souhaitent utiliser à bon escient pour le chauffage. Car pour le moment, une grande partie de cette chaleur est rejetée dans l’air ambiant ou les cours d’eau par les centrales. En effet, une centrale électrique (nucléaire, à charbon, etc) possède, à l’instar de votre chaudière, un rendement énergétique. Voilà donc un énorme gâchis d’énergie, que certains souhaitent « recycler » pour chauffer des logis.

Des exemples de cogénération nucléaire

Ce qu’on appelle la « cogénération » est la production d’électricité et de chauffage par les centrales. Ce système n’est pas nouveau et 17% des centrales nucléaires dans le monde fonctionnent ainsi. Certains pays froids utilisent ou vont utiliser la cogénération pour le chauffage comme les pays Scandinaves, la Russie et les pays d’Europe de l’Est. D’autres pays on trouvé une autre application à cette manne d’énergie : l’utiliser pour les usines de dessalement d’eau.

En France, la cogénération n’est pas réellement appliquée. En effet, on parle de cogénération quand la centrale est équipée dès le départ pour la production de chauffage. Or, les exemples nationaux, bien que louables, ne font que de recycler une partie de l’excèdent de vapeur d’eau que la centrale produit. Cela vient du fait que le parc nucléaire français est vieillissant et n’était pas équipé pour la production de chaleur au départ.

Ainsi, cette chaleur providentielle est utilisée en France pour des applications aussi variées que le chauffage de piscines municipales, d’équipements scolaires, sportifs et municipaux ou encore une réserve de crocodiles ! Certaines municipalités n’hésitent pas à revendre cette manne énergétique pour l’industrie. Ainsi un terminal gazier ou des fermes aquacoles bénéficient de ces calories issues de l’atome.

Ces actions vont certes dans un sens positif, mais ne sont pas répandues à l’ensemble du territoire.

Quels risques et quelles limites ?

Évidemment, les comités et associations anti-nucléaires se positionnent contre une telle production de chaleur. Mais d’autres contraintes s’opposent à la généralisation de la cogénération.

La première est la contrainte technique. Si le système de production de chaleur par cogénération est plutôt facilement intégrable dans les plans d’une nouvelle centrale, l’aménagement du parc atomique français coûterait la bagatelle de 20 milliards d’euros. Somme qui permettrait de couvrir (théoriquement !) la moitié des besoins en chauffage du pays.

Il y a également un soucis de rentabilité dans cet affaire. Celle-ci n’est pas assurée à court terme, entre les coûts des installations et la perte de rendement sur la production d’énergie. Enfin, pouvoir politique, élus locaux écologistes et lobbying des entreprises de chauffage peuvent être des freins supplémentaires.

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